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Lumineuses Méduses

Mis à jour : 19 oct. 2020

On considère souvent ces tas gélatineux échoués sur le sable des plages comme des animaux dangereux, aux cuisantes piqûres venimeuses. Mais les méduses sont aussi de belles et stupéfiantes créatures marines, à l'incroyable diversité de formes et de couleurs.


Les plus petites méduses ne mesurent que quelques millimètres. Les plus grosses atteignent deux mètres de diamètre et pèsent jusqu'à 200 kilogrammes !


Pendant des siècles, les méduses sont largement méconnues des zoologistes qui, en raison de la simplicité de leur structure proche de certaines plantes, utilisent volontiers pour les décrire un vocabulaire emprunté au monde végétal et les incluent dans l'embranchement des zoohophites (littéralement plante-animal). Ainsi, dans sa première édition (1735) du Systema Naturae, Linné, en bon botaniste, place les méduses dans l'ordre des Zoophyta, désignant les tentacules comme les étamines des méduses (Stamina Medusarum), leurs bras oraux comme les pistils (Pistilla)


Avec leur corps gracieux et léger, les méduses cachent bien leur jeu, car ce sont en fait de terribles prédateurs présents dans une grande partie des mers du Globe. Sans cerveau, sans cœur, sans squelette, ni dents, les méduses ont développé un mode de reproduction unique et des armes originales pour chasser leurs proies !


L'étude de leur biologie, de l'anatomie au fonctionnement des cellules, montre que ces animaux considérés comme « primitifs », leurs yeux (concentration des organes, des sens et des neurones sensitifs qui évoquent une ébauche de céphalisation ) et leurs muscles (cellules musculaires) . Les chercheurs y reconnaissent également des caractères évolués comme la segmentation du corps, la production d'hormones pour la nidation et même du collagène de type humain.


Proliférant aujourd’hui dans nos océans à cause des activités humaines, les méduses ont traversé les âges. Connues et décrites depuis Aristote. Dans l’Antiquité, Aristote s’intéresse à elles et parmi la centaine d’animaux marins qu’il décrit, il les appelle « cnide », ce qui signifie qui pique, en précisant qu’elles se déplacent dans et sur l’eau. En hommage à Aristote, les naturalistes du XXe siècle ont créé le phylum des cnidaires pour classer méduses, coraux, anémones de mer… Qui tous piquent. Quatre siècles plus tard, Pline l’Ancien observe les mouvements des méduses qui lui rappellent les contractions et les dilatations de la respiration et il les nomme Pulmo marina, « le poumon marin. »


Cette perception négative a entravé l'évaluation des services écosystèmiques rendus par ces animaux, alors qu'elles jouent un rôle central dans la biodiversité marine en empêchant la monopolisation de la biomasse par des concurrents extrêmement performants. Elles participent aux transferts biogéochimiques et écologiques d'éléments nutritifs (azote et carbone principalement) de l'océan superficiel vers le benthos de l'océan profond.

Lorsque l’environnement se dégrade, certaines méduses se fabriquent des Kystes dans lesquels les tissus se désorganisent puis, lorsque les conditions environnementales s’améliorent, les kystes s’ouvrent et en l’espace d’une journée, on retrouve ces méduses qui ont régénéré leurs cellules et parvient ainsi à passer du stade de méduse, la rendant potentiellement immortelle (uniquement biologiquement)


Si les méduses utilisent des signaux lumineux, c’est que c’est important pour leur survie. Ils peuvent leur servir à attirer leurs proies, à repousser un prédateur, à faire signe à un partenaire ou à lancer une alerte. Mais les scientifiques cherchent encore à comprendre comment les méduses utilisent leurs mystérieuses « lumières ».



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